La démonisation de la laïcité québécoise hors Québec
Politiciens et médias du Canada anglais ne mâchent pas leurs mots pour dénoncer la Loi sur la laïcité de l’État, rapporte Marie-Claude Girard.
La Cour suprême se penchera, du 23 au 27 mars, sur la validité de la Loi sur la laïcité de l’État (loi 21) promulguée par le Québec.
Deux approches diamétralement opposées s’affrontent au Canada quant à la neutralité religieuse de l’État. Tandis que la laïcité s’appuie sur la séparation de la religion et de l’État pour protéger la liberté de conscience des citoyens, la seconde approche préconise l’accueil favorable des religions dans les politiques publiques (exemple : le programme d’investissement casher et halal), pour refléter la diversité des croyances religieuses des citoyens. La première approche étant unique au Québec, elle suscite des réactions négatives de la part des politiciens hors Québec.
Il n’empêche qu’en 2015, la Cour suprême a affirmé que la neutralité religieuse canadienne résultait de l’interprétation évolutive de la liberté de conscience et de religion.
Ainsi, sans exclure les religions et leurs Églises de la sphère des débats publics, cette évolution a mené à situer davantage la vie religieuse, et les choix qu’elle implique, dans le domaine de la vie privée des individus ou des associations volontaires.
Selon la Cour, l’objectif de la........
