La grande corvée nationale du Québec
Il fut une époque où tout était possible au Québec, alors qu’aujourd’hui règne une certaine stagnation, constate Jean-François Munn, qui propose de faire évoluer la situation par un appel au public afin de faire émerger des idées à la fois réalistes et novatrices.
Nous avons déjà été capables, collectivement, de concevoir et de réaliser de grands projets. De 1944 à 1976, il y a eu Hydro-Québec, l’autoroute des Laurentides, l’élection de Jean Lesage et l’époque du « maîtres chez nous », la commission et le rapport Parent, la Manic, la Caisse de dépôt et placement, le métro, l’exposition universelle, la Régie de l’assurance maladie, l’assurance maladie, la Baie-James, la convention de la Baie-James et les Jeux olympiques.
Par la suite, nous avons traversé une période où nous avons tissé un filet social enviable, introduisant entre autres la Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles, l’assurance automobile sans égard à la responsabilité, les garderies subventionnées et l’assurance parentale, le tout accompagné de lois et de mesures pour protéger la langue, diffuser la culture et contribuer au développement technologique.
La question n’est donc pas de savoir si le Québec peut encore agir, mais plutôt de déterminer ce qu’il doit revoir pour être capable d’agir efficacement.
Une société freinée par ses propres mécanismes
Aujourd’hui, prisonniers de nos carcans comme nous le sommes, ces réussites seraient irréalisables sinon inconcevables. Nous constatons une dégradation générale des infrastructures qui, de plus en plus, entraîne des conséquences sur le fonctionnement de la société.
Le corporatisme domine et favorise le fonctionnement en silos et la pratique défensive encadrée par des normes et des protocoles qui ne laissent pas place à l’imagination, à l’initiative et à l’innovation, sinon au simple gros bon sens. Résultat : tout est complexe, sinon complexifié ; l’imputabilité est un vain mot ; la........
