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Nous fabriquons l’impatience

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Le manque de courtoisie des conducteurs québécois s’explique principalement par le fait qu’ils manquent de façons d’échapper à un réseau routier surchargé, estime l’auteur.

L’impatience des automobilistes fait jaser cet été⁠1, et on y voit généralement une érosion du civisme. Je propose une autre lecture : l’agressivité au volant n’est pas un défaut de caractère collectif, c’est le résultat prévisible de choix d’aménagement et d’investissement que nous faisons depuis des décennies. Et ceux qui en paient le prix le plus élevé ne sont pas les conducteurs entre eux, mais ceux qui circulent à pied et à vélo.

J’écris de cette position. J’habite Verdun et je n’ai pas d’auto, purement par choix. Je reconduis mes enfants à la garderie à pied et je me rends au travail à vélo, 30 minutes jusqu’au centre-ville. Une voiture en libre-service toutes les deux semaines suffit au reste. De ce point de vue, la scène quotidienne n’a rien d’abstrait.

D’abord, l’asymétrie. Quand un conducteur impatient en coupe un autre, il y a de la tôle et deux coussins gonflables entre les deux. Quand il coupe un cycliste ou serre un piéton dans une intersection,........

© La Presse