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Le bilinguisme est une capacité militaire

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Trois vétérans des Forces armées canadiennes, dont un major général à la retraite, s’insurgent contre la nouvelle politique de la Défense nationale qui fait en sorte que des dizaines d’unités deviennent de facto unilingues anglophones. Il s’agit selon eux de l’abandon d’un avantage stratégique important dans le monde actuel.

Nous apprenions récemment que le ministère de la Défense nationale avait pris des mesures faisant en sorte que quelque 180 unités et organisations à travers le Canada devenaient officiellement unilingues anglophones1. De surcroît, le Collège militaire royal du Canada, à Kingston, qui a pour mandat de former les futurs leaders – bilingues – des Forces armées canadiennes, annonçait que sa langue de travail serait dorénavant l’anglais.

Cette politique fait essentiellement en sorte que les endroits où les militaires peuvent travailler dans une organisation officiellement bilingue sont concentrés au Québec, au Nouveau-Brunswick et dans certaines régions de l’Ontario.

Pour justifier ces changements, le Ministère nous informe, entre autres, qu’il y avait trop de plaintes concernant le respect de la Loi sur les langues officielles – des plaintes fondées, précise-t-il. Alors, plutôt que de se retrousser les manches et de prendre les mesures nécessaires pour respecter ses obligations linguistiques, le Ministère a tout simplement fait tomber les normes.

En gros, le bilinguisme, c’est trop difficile à atteindre, c’est trop cher, donc on laisse tomber. Certains y verront un nivellement par le bas. C’est pire que cela : plutôt que de baisser une norme, on choisit de l’abolir là où elle est difficile à respecter.

Prenons un........

© La Presse