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Nous avons normalisé l’inacceptable

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Le recours à la charité ne devrait pas être une étape normale de la vie de milliers de familles, estime la directrice générale du Regroupement Partage.

Au Québec, nous nous sommes habitués à voir des familles demander de l’aide pour manger, se vêtir ou préparer la rentrée scolaire de leurs enfants. Nous nous en indignons encore, mais de moins en moins longtemps. Une collecte, quelques images de bénévoles, puis l’actualité passe à autre chose. Le véritable enjeu n’est pourtant plus seulement l’augmentation des besoins. C’est que nous avons normalisé le fait qu’un nombre croissant de personnes ne peuvent plus répondre, par leurs propres moyens, à des besoins fondamentaux.

Dans le milieu communautaire, la pauvreté ne se présente pas sous forme de tableaux. Elle arrive sous les traits d’un parent qui calcule ce qu’il peut retirer du panier d’épicerie. Elle se glisse dans le silence d’un enfant qui ne veut pas dire à son professeur qu’il n’a pas le matériel demandé.

Elle se voit chez des personnes qui travaillent, mais n’ont plus aucune marge après le loyer, l’épicerie et les factures.

Ces familles ne demandent pas du luxe. Elles demandent un peu d’air et la........

© La Presse