« Je tente d’incarner une utopie réaliste » : entretien avec Judith Davis, la réalisatrice de « Bonjour l’asile »
Comédie foutraque et loufoque, Bonjour l’asile, le deuxième long métrage de Judith Davis, s’invite dans un château renommé l’HP qui abrite un joyeux îlot de résistance au capitalisme.
Deuxième long métrage de Judith Davis, Bonjour l’asile utilise des ressorts comiques pour suivre Jeanne (Judith Davis), travailleuse sociale quittant quelques jours la jungle urbaine parisienne pour revoir son amie Élisa (Claire Dumas), récemment installée à la campagne. Au lieu de l’intense session de travail attendue pour avancer sur leur projet commun, elle la découvre submergée par la charge mentale quotidienne. Son mari Bastien (Maxence Tual), dans un total déni, ne voit rien de cette souffrance.
Dans un autre pan du récit, leurs voisins, Amaury (Nadir Legrand) et Victoire (Mélanie Bestel), couple CSP , veulent, au grand dam des pensionnaires, racheter l’HP (l’hospitalité permanente), un tiers-lieu situé dans un château, afin de le transformer en hôtel de luxe. Les deux promoteurs mettent donc à profit leur réseau pour déloger les impétrants et concrétiser leur juteuse opération.
Cette comédie foutraque, drôle et attachante interroge, avec force ruptures de ton, les rapports hommes-femmes, la masculinité, l’engagement, la place envahissante prise dans nos vies par le numérique et les relations virtuelles. Judith Davis assume avec gourmandise le mauvais goût, la trivialité et une sensibilité à fleur de peau avec un sens de l’autodérision rafraîchissant.
Pour quelles raisons le film s’empare-t-il de la question du langage et de ce qu’on en fait ?
Le langage est la face visible d’un........
© L'Humanité
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