Stellantis tourne le dos à l’ère Carlos Tavares
Réduction drastique des coûts et des effectifs, focalisation sur des modèles haut de gamme quitte à perdre des clients… le géant automobile acte les erreurs stratégiques de son ex-patron et change de cap.
Un grand « reset ». L’expression employée, début février, par la direction de Stellantis pour qualifier son changement de cap est parlante. A l’image d’un ordinateur qu’on redémarre pour repartir sur de bonnes bases, le deuxième groupe automobile européen, qui détient des marques comme Peugeot, Citroën, Fiat, Chrysler, Opel et Jeep, tire un trait sur la stratégie impulsée par son ancien dirigeant, Carlos Tavares, évincé fin 2024.
Au passage, il annonce 22 milliards d’euros de « charges exceptionnelles », un montant quasiment inédit dans l’histoire du...
Un grand « reset ». L’expression employée, début février, par la direction de Stellantis pour qualifier son changement de cap est parlante. A l’image d’un ordinateur qu’on redémarre pour repartir sur de bonnes bases, le deuxième groupe automobile européen, qui détient des marques comme Peugeot, Citroën, Fiat, Chrysler, Opel et Jeep, tire un trait sur la stratégie impulsée par son ancien dirigeant, Carlos Tavares, évincé fin 2024 1.
Au passage, il annonce 22 milliards d’euros de « charges exceptionnelles », un montant quasiment inédit dans l’histoire du capitalisme français, qui a provoqué une chute de son action en Bourse de 25 %.
Ces « charges exceptionnelles » concernent des dépenses et dépréciations liées à l’arrêt de certains projets, à des anticipations de stocks invendus, à des coûts de restructuration ou encore à des indemnités de rupture auprès de certains fournisseurs. Résultat : les pertes de Stellantis en 2025, qui seront annoncées ce jeudi 26 février, pourraient approcher le « record » de Vivendi en 2002 (23 milliards).
Dans une attaque à peine voilée contre son prédécesseur, le nouveau patron du groupe, Antonio Filosa, a livré une analyse sans concession des choix passés, évoquant des « hypothèses stratégiques » trop éloignées des attentes des clients, une « mauvaise performance opérationnelle » et des milliers de suppressions d’emplois ayant fini par nuire à la qualité.
« Le PDG fait porter le chapeau à l’ancienne équipe dirigeante – dont il faisait partie… En affectant à 2025 des charges qui........
