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Euro numérique : la riposte contre les géants états-uniens Visa et Mastercard se dessine

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13.07.2026

Si vous partez faire un tour en Italie cet été et que vous payez vos penne all’arrabbiata par carte, vous utiliserez un réseau américain, Visa ou Mastercard. Si, en rentrant en France, pour prolonger les vacances, vous achetez une glace via Apple Pay ou Google Pay sur votre téléphone, encore une fois, vous paierez américain. Cette dépendance en matière de transactions pose d’autant plus problème que les Etats-Unis se montrent de plus en plus agressifs envers les Européens. 

Les juges de la Cour pénale internationale (CPI), placés sous sanctions par l’administration Trump en août 2025 pour avoir émis des mandats d’arrêts contre le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou et son ministre de la défense (inculpés de crime de guerre et de crimes contre l’humanité pour leur rôle dans l’écrasement de la bande de Gaza), en comprennent les enjeux mieux que personne. 

Le juge français Nicolas Guillou s’est retrouvé frappé d’interdit bancaire sur quasiment tout le continent européen du fait des sanctions américaines. En plus des systèmes de paiement Visa et Mastercard qui représentent 66 % des transactions européennes, toute transaction bancaire en dollar, ou par une monnaie qui utilise le dollar pour conversion, ou avec une personne étasunienne lui est refusée.

Cet épisode a renforcé le projet européen d’instaurer l’euro numérique, c’est-à-dire à la fois des rails de paiement publics qui connectent tous les pays de la zone euro et une monnaie publique numérique à disposition de tous. Ce double principe a été adopté par le Conseil de l’UE – qui représente les Etats – en décembre 2025 et par la commission des affaires économiques du Parlement européen le 23 juin. Ils doivent désormais se mettre d’accord sur les modalités précises au cours de plusieurs trilogues, dont le premier a lieu ce 13 juillet, avec la Commission européenne.

Concrètement, ce « cash numérique » prendra la forme d’un portefeuille en ligne d’euros qui proviendront directement de la Banque centrale européenne (BCE) et non d’une banque commerciale, même s’il sera possible d’y accéder via son application bancaire – l’application séparée étant également une option. Les Européens (de la zone euro) pourront effectuer des paiements à des commerçants et à des personnes privées ou réaliser des achats en ligne. Ils disposeront d’un mode hors ligne, qui conférera un anonymat similaire à une transaction en liquide, et qui facilitera aussi les paiements dans des zones avec une mauvaise connexion internet.

Quant aux rails de paiement, ils permettront d’effectuer des transactions au sein des pays européens ou entre deux pays sans avoir à passer par Visa ou Mastercard. Cette infrastructure de paiement sera prise en charge par plusieurs banques centrales de la zone euro, dont la Banque de France, pour un montant d’investissements et de coûts opérationnels d’environ 1,3 à 1,5 milliard d’euros sur cinq ans selon Alexandre Stervinou, chargé des moyens de paiement à la Banque de France.

« C’est un investissement conséquent mais il faut le rapporter aux près de 2 milliards d’euros de commissions qui sont payées chaque année par les Européens à Visa et........

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