En Hongrie, les usines de batteries asiatiques pourraient précipiter la défaite électorale de Viktor Orban
De nombreux Hongrois reprochent au Premier ministre l’installation d’usines chinoises et coréennes pour fabriquer des batteries de voitures électriques. Selon eux, ces sites ne profitent qu’au clan d’Orban.
L’avenir politique de Viktor Orban se joue en partie sur cette plaine hongroise battue par les vents, d’où poussent de gigantesques usines de batteries dans la poussière des tractopelles.
A Debrecen, la deuxième ville du pays, la construction de plusieurs sites industriels liés à la fabrication de véhicules électriques rencontre une forte opposition à cause des risques de pollution, l’absence de concertation locale et le sentiment que ces usines ne profitent pas à l’économie régionale…
L’avenir politique de Viktor Orban se joue en partie sur cette plaine hongroise battue par les vents, d’où poussent de gigantesques usines de batteries dans la poussière des tractopelles.
A Debrecen, la deuxième ville du pays, la construction de plusieurs sites industriels liés à la fabrication de véhicules électriques rencontre une forte opposition à cause des risques de pollution, l’absence de concertation locale et le sentiment que ces usines ne profitent pas à l’économie régionale.
« C’est devenu le principal sujet de la campagne des élections législatives dans la région, et l’une des principales controverses au niveau national », affirme Tamás Polgár Tóth, journaliste du média indépendant Debreciner.
« C’est devenu le principal sujet de la campagne des élections législatives dans la région, et l’une des principales controverses au niveau national », affirme Tamás Polgár Tóth, journaliste du média indépendant Debreciner.
Les candidats du parti d’opposition Tisza (droite conservatrice anticorruption) tentent d’exploiter ce rejet populaire en axant leur campagne contre l’installation de ces usines tout près de la ville.
Et ils promettent que tout cela va changer après le scrutin du 12 avril s’ils parviennent à détrôner Viktor Orban, qui accuse pour la première fois en seize ans de règne, un retard de dix points dans les sondages face à Peter Magyar, le chef du parti Tisza.
A Mikepércs, bourgade de 5 500 habitants située au sud de Debrecen, l’annonce en 2022 de l’investissement record (7,34 milliards d’euros) du chinois CATL, leader mondial des batteries lithium-ion, pour construire une usine d’une capacité de 100 gigawattheures (GWh) a été accueillie avec inquiétude.
« J’ai été très surprise et assez effrayée qu’une industrie si polluante s’installe à moins de deux kilomètres de chez moi », se rappelle Vera Csuvarszki, qui voit les hangars gris de CATL depuis l’école de sa fille.
Avec d’autres femmes, elle a participé à la création de l’ONG Miakö, l’association des mères de Mikepércs pour l’environnement. « Ces usines ont besoin de quantités énormes d’eau, alors que la région est en voie de désertification et que nous subissons des sécheresses chaque été. Il y a des risques d’explosions, de pollution de l’air et de l’eau », liste cette mère de trois enfants, installée sous le kiosque de la place principale avec son fils de 20 ans, Máté.
« Cela a été décidé au plus haut niveau à Budapest et il n’y a pas vraiment de contrepouvoir qui puisse retoquer cela », regrette par ailleurs Virág Zsugyо́, spécialiste de l’Etat de droit à Amnesty International.
« Cela a été décidé au plus haut niveau à Budapest et il n’y a pas vraiment de contrepouvoir qui puisse retoquer cela », regrette par ailleurs Virág Zsugyо́, spécialiste de l’Etat de droit à Amnesty International.
Même le maire de Mikepércs, pourtant membre du parti d’Orban le Fidesz, critique l’installation de ces usines. Aux côtés de CATL, la zone........
