La Belgique se mobilise contre l’offensive antisociale de son gouvernement
Le gouvernement du Premier ministre belge Bart De Wever accumule les mesures pour sanctionner les chômeurs et flexibiliser le marché du travail. Mais, comme ce jeudi 12 mars, il fait face à une puissante mobilisation syndicale.
« Il n’y a pas d’alternative. » Cet emprunt au registre thatchérien, on le doit à Bart De Wever, le nationaliste flamand devenu Premier ministre de Belgique en février 2025. Avec ce clin d’œil appuyé à la Dame de fer, il répondait le 16 octobre dernier à la colère de la rue pour mieux exprimer son caractère inflexible. Deux jours avant son allocution, une manifestation avait fait converger à Bruxelles plus de 100 000 personnes opposées à sa politique d’austérité.
Lors de sa prise de fonction, le 3 février 2025, Bart De Wever avait en effet promis un « assainissement budgétaire » inédit. Pour ce faire, il s’appuie sur une coalition gouvernementale hétéroclite…
« Il n’y a pas d’alternative. » Cet emprunt au registre thatchérien, on le doit à Bart De Wever, le nationaliste flamand devenu Premier ministre de Belgique en février 2025. Avec ce clin d’œil appuyé à la Dame de fer, il répondait le 16 octobre dernier à la colère de la rue pour mieux exprimer son caractère inflexible. Deux jours avant son allocution, une manifestation avait fait converger à Bruxelles plus de 100 000 personnes opposées à sa politique d’austérité.
Lors de sa prise de fonction, le 3 février 2025, Bart De Wever avait en effet promis un « assainissement budgétaire » inédit. Pour ce faire, il s’appuie sur une coalition gouvernementale hétéroclite, appelée « Arizona » – dont le nom est inspiré des couleurs politiques de ses membres, qui correspondent à celles de l’Etat américain du même nom. Un attelage de libéraux francophones, de socialistes et de nationalistes flamands, de chrétiens-démocrates du nord et du sud du pays.
Après huit mois de négociations, ils étaient tombés d’accord sur un éventail de mesures dont la boussole serait le redressement des comptes publics. Il est vrai que les grands indicateurs sont dans le rouge, à commencer par celui de la dette publique.
Après avoir atteint un pic pendant la période Covid (112 % du produit intérieur brut – PIB), celle-ci a légèrement reflué en 2022 autour de 102 %, mais ne cesse de progresser depuis. Elle atteint 107 % aujourd’hui. Surtout, la charge annuelle des intérêts de la dette pourrait passer de 12 milliards en 2026 à 21 en 2030. Enfin, le déficit public se creuse chaque année, passant de 3,6 % du PIB en 2022 à 5,4 % en 2025.
« Une individualisation maximale de la société »
Pour y remédier, la coalition a, en premier lieu, décidé de couper dans les dépenses sociales. Dès le 13 février 2025, les syndicats se mobilisaient en masse pour dénoncer une politique « d’austérité » et de « régression sociale ». Le pays du compromis et du dialogue social est, depuis, secoué par des vagues de mobilisation successives, dont une grève de trois jours qui marqua les esprits en novembre.
Pour Marie-Hélène Ska, secrétaire générale de la Confédération des syndicats chrétiens, la mobilisation ne s’essoufflera pas car « ce gouvernement est celui de la destruction sociale, qui prône une individualisation maximale de la société ». Selena Carbonero Fernandez, secrétaire générale de la FGTB, le syndicat socialiste, dénonce quant à elle un « cumul de mesures qui s’apparentent à une casse sociale, au détricotage du pacte social d’après-guerre ».
Quand les maires changent la ville
Premier........
