EPR2 : un document révèle les aides publiques monstres et le risque de concurrence déloyale
C’est un document qui pourrait porter un coup fatal au programme de construction par EDF de six nouveaux réacteurs nucléaires en France, lequel piétine plus qu’il n’avance depuis son annonce le 10 février 2022. Du moins si les élus, partis politiques, associations de consommateurs et de contribuables, économistes et autres comptables du bon usage des deniers publics voulaient se donner la peine de le lire.
Répondant à une consultation ouverte le 7 mai par la Commission européenne sur les aides d’Etat nécessitées par la construction et l’exploitation de ces six premiers EPR2, la note publiée le 24 juin par l’association d’experts Energies renouvelables pour tous1 fait en tout cas très mal.
Car ces six réacteurs vont réclamer des subventions monstrueuses pour pouvoir être non seulement construits mais exploités. Selon les calculs de l’association, si cet investissement annoncé à 85 milliards d’euros2, un chiffre qu’elle considère sous-estimé, devait se financer aux conditions de marché3, le coût de l’électricité atteindrait, avec une production visée par EDF de 66,7 TWh/an, chiffre également jugé très optimiste, à… 226 €/MWh (euros par mégawattheure). Contre au plus 60 €/MWh pour une éolienne ou un parc solaire récents et contre 60,7 €/MWh pour le parc nucléaire historique. A comparer également au niveau des prix de l’électricité sur le marché de gros : 61,1 €/MWh en moyenne en 2025.
C’est la raison pour laquelle la France veut d’une part subventionner la construction de ces six nouveaux réacteurs par des bonifications de crédit pour ramener le coût complet de l’électricité à un niveau cohérent avec les prix du marché. Et d’autre part fixer, dans le cadre d’un « contrat pour différence », un prix garanti, l’Etat compensant contractuellement l’écart avec le prix de marché lorsque ce dernier est........
